Millésimes - caractères

Cœurs, Nœuds Magiques, Millésimes / caractères
Parmi les décors de briques il y a les millésimes dont la signification est claire. Leur fonction est communicative et n’apparaît que tardivement (à partir du dernier quart du 16e siècle jusqu’à 1740 et parfois plus tard).
Ils apparaissent sous deux formes de réalisation : à partir de boutisses structurées (ex. Testelt : moulin à eau, Tongerlo : grange de la dîme, Herentals : porte du béguinage, Diest : Maisons du béguinage) ou bien au moyen de boutisses et de panneresses suivant les lignes des chiffres (ex. : chapelle à Schoor-Balen, lavoir à Averbode, le presbytère à Wezemaal, château de Hoen et la propriété Schoonbeek à Rummen, chapelle de Notre Dame de l’assistance à Tielen).

Ils sont souvent accompagnés des lettres ‘ANNO ‘, ‘AO’, ‘A°’,’A’ ou ‘AD’ (Anno Domini, l’année du Seigneur) et parfois complétés avec des ancres représentant les mêmes lettres et / ou chiffres (lavoir Averbode, presbytère Wezemaal).
D’autres lettres sont plutôt rares et apparaissent plutôt tardivement (neo-caractères / phase 3). Ils représentaient probablement des références à des initiales de noms. C’est seulement dans la région française du Thiérache (Aisne) que ces lettres sont un peu plus fréquentes, probablement comme abréviation d’adages latins (VV- Virgo Virginum, M - Maria, AM - Ave Maria, AMR - Ave Maria Regina, RIP....). 

Que la propension à présenter un millésime s’accompagne de l’esprit de cette époque est confirmée par le fait que les mentions de dates ne se retrouvèrent sur les croix funéraires de la Campine mosane qu’à partir de 1550-1580. Concernant des rares millésimes plus vieux que le dernier quart du 16e siècle ils semblent être placés plus tard, à l'occasion de travaux de restauration.