Les Croix Calvaires

Presque toutes les croix présentées sont placées sur un socle. La construction socle-mat-sommet apparait dans de nombreux artefacts : croix tombales, ostensoirs, le
perron, enseignes de notaires… Souvent elles présentent aussi un nodus (nœud) en forme de rond ou de carré.
Les écrits confirment qu’il s’agit ici d'une croix de calvaire dans lequel le socle fait référence au Golgotha, le mont du calvaire. Au sens littéral il s’agissait des trois marches qui font référence à la foi, l’espérance et l’amour. Plus largement, tout ceci symbolise à quel point l’accomplissement de nos missions et le chemin à parcourir au quotidien pour accomplir notre devoir est difficile… Le socle est donc plus souvent constitué de plus de 3 marches.

La croix est le signe universel de la chrétienté, elle symbolise la victoire sur la mort. Dans le mode de pensée Chrétien, les puissances du mal, du péché et de la corruption en sont indissociables. La croix du christianisme est le symbole par excellence pour demander de la protection.

Dans les décors de briques, la croix en tant que telle se présente sous maintes formes. La croix avec un disque à l’intersection des bras (soleil ?) se réfère à la croix celtique. Une telle croix apparait déjà sur des poteries en Mésopotamie et dans les Carpates occidentales en 3000 A JC. Via les longues routes commerciales, au début de l’âge du bronze elle se propagea en occident et devint très populaire sur des ouvrages en métal. D’évidence, elle frappa à tel point les esprits qu’elle s’imposa comme le symbole des Celtes christianisés. A partir du 4e siècle, une croix similaire devint le symbole universel de la foi chrétienne. Leur propagation ne doit pas être sous-estimée. On compte jusqu’à des tombes de la première guerre mondiale qui sont pourvues de croix celtiques, parfois également appelées croix runiques.
 
 
De longues années de recherches sur les croix tombales médiévales semblent montrer que non seulement les socles trapézoïdaux étaient fréquents et finirent par s’élever comme le socle par excellence, mais également la combinaison du disque avec socle à côtés obliques comme Jaak Nijssen l’a précisé.  De la même façon, les décors avec la présence d’un losange ou d’un disque sur le socle appartiennent également à cet univers ancestral des symboles que sont les croix de calvaire et les croix tombales.
Une croix de disques assemble plusieurs disques pour former une croix. Une croix patriarcale, également appelée croix lotharingienne (ou croix d’Anjou) présente deux segments croisés (apparaît une seule fois dans le Béguinage de St-Trond
).