Caractères individuels

Dans l’ensemble des signes individuels il est bien difficile de trouver deux caractères identiques. Il y a des différences de formes ou de tailles ou il y a des parties ajoutées. Le maçon réalisait une interprétation créative d’un arsenal de symboles qui semblaient être présents dans la mémoire collective. Des croix, des losanges et des signes odal sont également connus dans la culture celtique qui dans nos régions était principalement orale. Tant que la lecture et l'écriture n’étaient pas accessible au commun des mortels les éléments de la culture étaient encore transmis pour longtemps de manière orale. Pour nous, ces signes semblent encore plus mystérieux, car nous avons une tendance à faire le lien avec les symboles de notre écriture. Cette attitude attend de chaque signe un sens clair et précis. N’ayant pas un sens défini, la présence des signes de maçon crée une connotation supplémentaire, magique et mystérieuse et donc encore plus apte à être exploitée comme symbole de protection.

A mon avis, un certain nombre de familles de signes forment l’essentiel du message des décors de briques. Vu la période pendant laquelle ils furent appliqués, l’apport des différents acteurs mais aussi l’aspect esthétique ont déterminés des façons précises de les combiner, de les interpréter et de les adapter. C’est ainsi qu’un doublement (triplement…) d’un dessin on d’une combinaison de plusieurs dessins signifie une volonté d’amplifier le message à travers un apport personnel du maçon. 

Ci-après, on va se concentrer sur les catégories principales, sur les familles de signes derrière lesquelles on suppose que se cachent des accents similaires. Est-ce raisonnable de créer chaque fois des sous-catégories lorsqu’on n’est pas vraiment certain que ce signe a une signification différente et qui plus est totalement intacte? D’ailleurs parmi une même séquence de signes on ne retrouve quasi pas de copies identiques.

Une famille importante qui peut également étayer ce raisonnement est la famille des croix calvaires. Ce signe est souvent évoqué dans les décors de briques, sous de nombreuses variations. Dans le Nord de la France, en Wallonie, elles apparaissent plus tardivement. Presque toutes les croix qu’on rencontre sont placées sur un socle en référence au calvaire de la bible. La construction socle-mat-sommet apparait dans de nombreux artefacts : Croix tombales, ostensoirs, le perron, enseignes de notaires…